La publication du motu proprio Traditionis Custodes, par le pape François, le 16 juillet 2021 a drastiquement réduit les conditions de célébration de la messe romaine traditionnelle et, concomitamment, la possibilité d’utiliser les rituels des sacrements antérieurs à la réforme liturgique.
Schématiquement quatre cas de figures se présentent en France depuis Traditionis Custodes :
S’il a été abondamment écrit sur la réforme du rite de la messe, les modifications apportées au rituel des six autres sacrements par la réforme liturgique ont été beaucoup moins étudiées. C’est l’immense mérite du livre de l’abbé Barthe : Les sept sacrements d’hier à aujourd’hui que de traiter cette question, avec une belle préface de Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana. Il faut convenir que cette publication a donné lieu à des échanges que l’auteur n’avait pas anticipés, mais qui sont restés au stade épistolaire, aucun débat contradictoire en face à face n’ayant pu avoir lieu. Ses contradicteurs reprochent à cet ouvrage de remettre en cause, par ses réserves, l’indéfectibilité de l’Eglise.
Rappelons ici les conditions de validité d’un sacrement :
Dans son travail, l’abbé Barthe s’attache essentiellement à l’étude de la forme, soit l’ensemble des prières qui accompagnent le rite sacramentel. En aucun cas il ne met en cause la validité des sacrements pour un défaut de forme. Il ne prétend pas non plus sacraliser le rite de 1962, qui est certainement perfectible, la seule liturgie parfaite étant celle du ciel. Il se contente d’observer que la multiplicité des possibilités liturgiques nuit, par nature, à la sacralité du rite. Il est d’ailleurs surprenant que, parmi la multiplicité des possibilités offertes, la seule interdiction soit celle de l’utilisation du rituel traditionnel. L’abbé Barthe, textes à l’appui, observe dans les nouveaux rituels des sacrements un affaiblissement des réalités surnaturelles, un amoindrissement du sens de chaque rite, afin d’en réduire les aspérités pour l’esprit du monde. Aucune vérité de foi n’est niée. Elles sont cependant souvent estompées. L’exemple le plus emblématique est celui du nouveau rituel du baptême. « Dans la forme traditionnelle, le baptême est présenté comme une infusion de la vie divine dans une dynamique de combat explicite contre l’emprise du démon à cause du péché originel ; le rituel nouveau ne marque que très peu cette perspective », en particulier par la quasi-disparition des exorcismes.
Si de nombreuses publications ont souligné la qualité de ce travail, d’autres voix se sont exprimées pour reprochant à l’auteur de « juger et condamner des prières approuvées par la sainte Eglise hiérarchique notre Mère ». Est-il incongru de rappeler que le fameux article 7 de l’Institutio Generalis présentant le missel réformé, en 1969, définissait la messe comme « le rassemblement du peuple de Dieu sous la présidence du prêtre » et a eu force de loi pendant plusieurs mois avant qu’il ne soit modifié par le pape ? Malheureusement « la sainte Eglise hiérarchique notre Mère » peut adopter des formulations hasardeuses dont le simple laïc n’est cependant jamais le juge, car c’est en définitive la Tradition de l’Eglise qui juge les nouveautés, si tant est que dans l’Eglise il puisse apparaître des nouveautés. Le terme de « nouveaux rituels catholiques » n’est-il pas, en lui-même, un oxymore ?
Les laïcs et les prêtres attachés à la célébration traditionnelle des sacrements le font pour trois raisons principales, cumulatives ou exclusives selon les personnes :
La résistance aux « adaptations conciliaires », dont la légitimité et la fécondité apostolique peuvent être questionnées, est une simple mesure de prudence et de bon sens, ne remettant en cause ni l’indéfectibilité de l’Eglise, ni son magistère.
Ce travail documenté et apaisé sera d’une grande utilité pour tous ceux qui, sereinement mais fermement, se contentent de vouloir persévérer dans la fidélité aux moyens de sanctification dont usèrent leurs pères.

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