Le 18 juillet 2021, le pape François publiait le motu proprio Traditionis Custodes. Cinq ans plus tard, de nombreuses voix se font entendre pour demander la révision ou la suppression de ce texte, ou plaident pour le rétablissement du motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI. L’urgence d’une telle mesure ne fait plus de doute, à l’heure où la Fraternité Saint Pie X se voit frappée de sanctions par l’Eglise pour avoir procédé à la consécration de quatre évêques sans mandat pontifical. En France, pourtant, les évêques abordent cette question avec une grande prudence. L’Union Lex Orandi leur demande aujourd’hui d’abroger Traditionis Custodes dans ses effets par des actes concrets.
Réagissant aux sanctions du Saint Siège suite aux sacres d’Écône par un communiqué du 3 juillet 2026, le président de la Conférence des Evêques de France et ses deux vice-présidents disent vouloir manifester leur sollicitude paternelle à ceux des fidèles de la Fraternité Saint Pie X « qui cultivent aussi, avec une ferveur et un zèle apostolique réels, un sincère amour de l’Église et un profond désir de participer à sa mission, en communion avec le Pape et dans la fidélité à la grande Tradition de l’Église et du Magistère ». Pour ces fidèles, la Conférence des Evêques de France espère que « les mesures annoncées par le Saint-Siège les aideront à comprendre la gravité des décisions prises par les responsables de la Fraternité Saint-Pie-X » et les encourage à « revenir dans la pleine communion avec le Pape, avec les évêques et avec toute l’Église ». Enfin, la CEF invite les catholiques de France à prier à cette intention et « à déployer la charité nécessaire pour accueillir ceux qui feront le choix courageux de l’unité et de la fidélité au Saint-Père ».
Alors que la CEF n’a mis qu’une journée pour prendre acte des décisions romaines faisant suite aux consécrations épiscopales de la Fraternité Saint Pie X, elle n’a toujours pas réagi officiellement à un autre document romain qui, celui-là, lui était directement adressé. Le 18 mars 2026, le Saint Père, par la voix du Cardinal Parolin, interpelait les évêques de France réunis en assemblée plénière en ces termes : « Vous avez enfin, chers frères, l’intention de traiter du délicat thème de la Liturgie, auquel le Saint-Père est particulièrement attentif, dans le contexte de la croissance des communautés liées au Vetus Ordo. Il est préoccupant que continue de s’ouvrir dans l’Église une douloureuse blessure concernant la célébration de la Messe, le sacrement même de l’unité. Pour la guérir, un regard nouveau de chacun porté sur l’autre, dans une plus grande compréhension de sa sensibilité, est certainement nécessaire ; un regard pouvant permettre à des frères riches de leur diversité de s’accueillir mutuellement, dans la charité et l’unité de la foi. Veuille l’Esprit Saint vous suggérer des solutions concrètes permettant d’inclure généreusement les personnes sincèrement attachées au Vetus Ordo, dans le respect des orientations voulues par le Concile Vatican II en matière de Liturgie. »
Le pape indiquait dès le 18 mars aux évêques les solutions pour guérir une « douloureuse blessure » dont la gravité se mesure depuis le 1er juillet : un « regard nouveau », une « plus grande compréhension » devant permettre, selon Léon XIV, de « s’accueillir mutuellement » dans la richesse de nos diversités, dans la charité et l’unité de la foi. Et le pape appelait à « des solutions concrètes » pour « inclure généreusement les personnes sincèrement attachées au Vetus Ordo ».
Force est de constater que rien n’a été engagé par la CEF pour répondre aux vœux du pape formulés dans cette lettre. Alors, puisque les catholiques de France sont invités par la CEF « à déployer la charité nécessaire pour accueillir ceux qui feront le choix courageux de l’unité et de la fidélité au Saint-Père », l’Union Lex Orandi lance une initiative qui veut répondre à cet objectif.
En ce cinquième anniversaire du motu proprio Traditionis Custodes, tous les catholiques de France conscients de l’injustice faite aux fidèles sincèrement attachés au Vetus Ordo sont invités à écrire à leur évêque pour lui demander d’adopter les solutions concrètes suivantes afin de les inclure généreusement, dans le respect de leur diversité :
Ces solutions concrètes constituent une base solide pour manifester la volonté des évêques de répondre à l’appel du Saint Père. Elles sont parfois en œuvre dans certains très rares diocèses. La crédibilité de la CEF, quand elle affirme dans son communiqué du 3 juillet 2026 : « à ces fidèles qui souffrent aujourd’hui de cette situation, nous voulons manifester notre sollicitude paternelle », exige que les actes se joignent aux paroles.
Chacun est donc invité à écrire à son évêque en reprenant les cinq demandes ci-dessus, afin que les « catholiques de France » ne soient pas les seuls à « déployer la charité nécessaire pour accueillir ceux qui feront le choix courageux de l’unité et de la fidélité au Saint-Père ».
L’Union Lex Orandi vous remercie de lui adresser une copie de votre courrier à l’adresse contact@lex-orandi.org.

Pour toute demande d’affiliation, contactez-nous par mail.